Le streaming ralentit, le vinyle explose : quel bilan pour l'industrie musicale ?

Le marché de la musique franchit le milliard d'euros pour la 10e année. Mais le streaming ralentit, les fans achètent du vinyle à 41 % sous 35 ans. Ce que ces chiffres révèlent vraiment.

Platine vinyle et téléphone affichant une interface de streaming, symbolisant les deux visages de la consommation musicale en 2025

Le marché de la musique en France vient de franchir le milliard d'euros pour la dixième année consécutive. La presse titre sur la croissance, les labels se félicitent. Mais derrière les chiffres, quelque chose se passe du côté streaming, et quelque chose d'inattendu se réveille côté physique.

Temps de lecture : 5 min | Thématique : Économie de la musique


TL;DR — Le SNEP vient de publier son bilan 2025 : le marché français de la musique enregistrée atteint 1,071 milliard d'euros (+3,9 %), mais sa croissance est deux fois plus faible qu'en 2024. Le streaming premium ralentit nettement, freiné par la pression sur le pouvoir d'achat et un plafonnement des abonnements. Pendant ce temps, le vinyle explose (+14,8 %), porté en majorité par les moins de 35 ans. Ce que ça dit en creux : les fans cherchent des formes d'attachement plus tangibles à leurs artistes.


Le marché tient mais le moteur du streaming tousse

Dix ans de croissance d'affilée, c'est un fait. Le SNEP confirme un chiffre d'affaires de 1,071 milliard d'euros en 2025, en progression de 3,9 %, deuxième marché européen derrière l'Allemagne.

Mais la progression est 44 % plus faible qu'en 2024. Et la principale raison, c'est le streaming. 

Les abonnements aux plateformes génèrent 553 millions d'euros avec une croissance de +5,9 %, soit près de deux fois moins que l'année précédente. En remontant sur deux ans, la courbe est encore plus parlante : la croissance du streaming a été divisée par trois entre 2023 et 2025.

Ce n'est pas un accident. C'est un plafond qui se dessine.

Pourquoi le streaming ralentit en France ?

Deux facteurs s'accumulent. D'abord le pouvoir d'achat : 73 % des Français estimaient le prix des plateformes trop élevé par rapport à leurs revenus, et 32 % envisageaient de résilier leurs abonnements, selon une étude YouGov pour Billboard France.

Ensuite, un taux de pénétration qui stagne. Le marché des abonnements payants plafonne à 27,1 % en France, très en deçà du Royaume-Uni. Les utilisateurs qui devaient passer au premium l'ont fait. Ceux qui restent en gratuit s'y maintiennent — et ils sont nombreux.

Résultat logique : le streaming gratuit financé par la publicité affiche une progression de +12 % sur l'année, pendant que le premium marque le pas.

Le vinyle : +14,8 %, et ce n'est pas la nostalgie des boomers

C'est le chiffre qui surprend tout le monde. Les ventes de vinyles ont bondi de 14,8 % en un an, contre +5,4 % l'année précédente — une progression presque multipliée par trois. Le format atteint 113 millions d'euros de chiffre d'affaires, soit environ un tiers de la hausse totale du marché physique.

Et contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, ce n'est pas une affaire de quadras nostalgiques. Les moins de 35 ans représentent désormais 41 % des acheteurs de vinyles en France, selon une étude Kantar Media. Les 15-34 ans sont aussi les plus gros acheteurs de CD.

Ce que ça révèle sur le comportement des fans : ils continuent d'écouter en streaming, mais ils veulent aussi posséder quelque chose. Un objet, un geste, une trace physique de leur attachement à un artiste.

Ce que ces données disent du lien artiste-fan

On peut lire ces chiffres comme un bilan comptable. Mais ils racontent aussi une histoire sur la manière dont les gens vivent la musique aujourd'hui.

Le streaming a démocratisé l'écoute au point de la rendre presque invisible : on consomme 165 milliards de streams par an en France, soit en moyenne 18h48 de musique par semaine, mais cette omniprésence a aussi dilué la valeur perçue. Quand tout est accessible tout le temps pour 10 euros par mois, le lien émotionnel avec un artiste s'efface.

Le vinyle, lui, est un acte délibéré. Tu choisis cet album, tu le paies, tu le poses sur la platine. Il y a une intention derrière.

On retrouve la même logique dans ce que le directeur général du SNEP, Alexandre Lasch, explique pour justifier le rebond du physique : les maisons de disques ont travaillé sur les "fandoms", les communautés de fans et ça fait désormais partie des stratégies pour tous les artistes, y compris en démarrage de carrière.

Le live reste le moment où tout se passe !

Ce que le bilan SNEP ne mesure pas, c'est le live. Et pourtant, c'est là que le lien entre un artiste et son public est le plus direct, le plus chargé émotionnellement.

Un fan qui achète un vinyle reconstruit à la maison une expérience qu'il a vécue quelque part. Souvent, c'est après un concert qu'on achète le disque, pas avant. La performance crée l'attachement, le support physique le matérialise.

C'est sur cette mécanique que BeeWyze s'appuie : pendant un événement live, au moment où l'émotion est là, les fans peuvent soutenir directement l'artiste via un QR code et les entreprises partenaires abondent ces dons pour démultiplier leur impact.

Ce n'est pas un système de financement, c'est un acte de communauté rendu simple et mesurable.

Le ralentissement du streaming ne va pas tuer la musique. Il va juste accélérer le retour vers ce qui ne s'est jamais effacé : le concert, la présence, le soutien direct.

Et ça, ça nous plait vraiment chez BeeWyze ! 🤘

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