Miss Shugga & e*Stim font progresser la science
Miss Shugga joue du jazz à Cannes. 5 % de ses dons vont à e*Stim, qui finance des expériences scientifiques pour des classes de primaire. Ce que ça dit sur le lien inattendu entre art et vocation scientifique.
Samedi soir 6 Juin 2026, Miss Shugga monte sur scène à La Ragazza, un bar de Cannes la Bocca. Le public vient pour le jazz. Ce qu'il ne sait pas forcément, c'est qu'une partie des dons collectés ce soir ira financer le kit d'expériences scientifiques d'une classe de primaire quelque part en France.
Le lien entre une chanteuse de jazz et des enfants de 9 ans qui manipulent des colorants et des balances n'est pas évident. C'est précisément ce qui en fait un angle intéressant.
Temps de lecture : 5 min | Thématique : Artistes engagés
TL;DR
La désaffection des filles pour les sciences se construit bien avant le collège, à l'école primaire, au moment où les stéréotypes sur les aptitudes s'installent. e*Stim, association 100 % bénévole placée sous Haut Patronage du Ministère chargé de l'Industrie et de la Recherche, intervient exactement à ce moment-là via le défi Neuronautes : des expériences scientifiques menées en classe de CM1-CM2, avec un protocole, du matériel réel et un mini-colloque de présentation. Objectif 2028 : 125 000 enfants embarqués, 1 500 enseignants formés. Miss Shugga, chanteuse de jazz à Cannes, a activé e*Stim comme association bénéficiaire de ses dons BeeWyze. Pour un artiste, l'équation est simple : 50 euros collectés en concert, c'est une classe entière de 30 élèves qui accède à une année d'expérimentation scientifique.
Pourquoi ça se joue à l'école primaire
La France forme moins de scientifiques qu'elle n'en a besoin. Ce constat revient régulièrement dans les rapports sur l'enseignement supérieur et l'industrie. Ce qui est moins souvent mis en avant, c'est l'endroit où le problème prend racine : ce n'est ni au lycée ni au collège, mais bien avant, à l'école primaire.
C'est là que les enfants commencent à se raconter une histoire sur leurs aptitudes. "Je suis fait pour ça" ou "ce n'est pas pour moi". Les recherches sur les stéréotypes de genre en éducation montrent que cette conviction s'installe tôt, et que les filles sont particulièrement exposées à l'idée qu'elles ne sont "pas faites pour les sciences", bien avant que les premiers cours de physique-chimie ou de mathématiques avancées ne leur donnent une occasion d'en juger par elles-mêmes.
Le problème n'est pas un manque d'intérêt naturel. C'est une question d'exposition. Beaucoup d'élèves arrivent en sixième sans avoir jamais mené une vraie démarche expérimentale, sans avoir eu accès à un protocole scientifique concret. Ce vide-là, e*Stim essaie de le combler.
Ce que fait concrètement e*Stim
e*Stim est une association entièrement portée par des bénévoles. Son programme principal, le défi Neuronautes, installe la démarche scientifique directement dans les classes de CM1-CM2. Par équipes, les élèves choisissent une expérience, suivent un protocole, notent leurs observations et présentent leurs résultats lors d'un mini-colloque organisé dans l'école.
Chaque classe reçoit un Neuropack complet : fiches d'expériences, matériel concret (colorants alimentaires, balance, bécher), blouses pour les enfants, et un bénévole externe qui accompagne la démarche sur la durée. Ce n'est pas une animation ponctuelle ni une sortie au musée des Sciences. C'est une vraie séquence pédagogique, inscrite dans le temps de classe, qui donne aux élèves l'expérience concrète de "faire de la science".
L'association est placée sous le Haut Patronage du Ministère chargé de l'Industrie et de la Recherche. Ses objectifs pour 2028 : 125 000 enfants embarqués dans le défi Neuronautes, 320 000 élèves spectateurs des mini-colloques scientifiques, 1 500 enseignants formés à la pédagogie expérimentale. Le déploiement a commencé par l'académie de Versailles.
Avec 50 euros collectés sur une seule date de concert, une classe entière de 30 élèves accède au programme. Avec 5 euros, c'est le matériel de base d'un kit d'expériences qui part dans une école.
La cohérence artiste/cause n'est pas une obligation
La question que posent souvent les artistes, c'est : est-ce que la cause que je soutiens doit être directement liée à ma musique, à mon image, à mon propos ?
Miss Shugga joue du jazz. e*Stim travaille sur les sciences expérimentales en primaire. Le lien thématique n'est pas immédiat. Et c'est peut-être justement pour ça que ça fonctionne.
Une cause n'a pas besoin d'être dans la continuité esthétique de ton art pour que tes fans adhèrent. Ce qui détermine leur décision de donner, c'est autre chose : la clarté de l'impact. Est-ce que ton public comprend en dix secondes à quoi va son argent ? Avec e*Stim, la réponse à cette question tient dans une phrase : "50 euros, c'est 30 enfants qui font de la science cette année." Ce genre de phrase, tu peux la dire depuis n'importe quelle scène, devant n'importe quel public.
Ce qui crée l'adhésion, ce n'est pas la cohérence entre le genre musical et la cause soutenue. C'est la lisibilité de l'impact et la sincérité avec laquelle l'artiste en parle.
Tu veux gagner plus d'argent durant tes représentations ?
Motive tes fans à augmenter leur soutien en liant ton art à une cause qui te tient à cœur. C'est prouvé : ton engagement dans une cause crée une connexion plus forte et augmente la générosité de ton public.
Miss Shugga à Cannes, e*Stim dans les classes : ce que BeeWyze rend possible
En juin 2026, Miss Shugga a activé une collecte via BeeWyze pour ses dates à La Ragazza, à Cannes la Bocca. L'association choisie : e*Stim. La part reversée : 5 % des dons collectés.
Le dispositif fonctionne comme pour tout artiste sur la plateforme. Un QR code est affiché pendant le concert. Les fans qui le scannent arrivent sur une page de don, choisissent leur montant et paient en quelques secondes. La plateforme redistribue automatiquement la part définie à l'association.
Ce qui amplifie la mécanique, c'est l'abondement. Quand une entreprise décide de rejoindre une collecte via son budget RSE, les dons des fans sont multipliés. Pour e*Stim, qui coche quatre ODD simultanément (éducation de qualité, égalité femmes-hommes en sciences, réduction des inégalités, innovation), ce positionnement la rend lisible autant pour un fan de 25 ans que pour une PME qui cherche à documenter un engagement concret sur l'égalité des chances.
Pour un artiste qui veut transformer ses concerts en actes utiles sans changer sa façon de travailler, e*Stim offre quelque chose de rare : une cause dont l'impact se mesure en classes, en élèves, en kits. Des chiffres qu'on peut annoncer depuis une scène et tenir.
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